De l’usine au robinet, la qualité de l’eau « dopée » aux substances toxiques

L’accès à une eau potable sûre dépend autant de la protection des ressources que de la capacité à traiter les contaminants déjà présents. Entre usages domestiques, besoins industriels et pression climatique, la gestion de l’eau devient dès lors un enjeu sanitaire, technique et environnemental.

Un extrait de « Eaux » par Jean-Luc BOUTONNIER

L’eau destinée à la consommation humaine fait l’objet d’un contrôle large, qui ne se limite pas à la recherche de microbes. Les analyses portent aussi sur des paramètres physico-chimiques, des minéraux comme l’aluminium, l’arsenic, le fer, le fluor, le plomb ou les sulfates, des composés organiques comme les pesticides, les trihalométhanes ou les hydrocarbures aromatiques polycycliques, ainsi que des indicateurs de radioactivité. Cette surveillance dépend du type d’eau, de la qualité de la ressource et des traitements autorisés.

Les contaminants présents dans l’eau résultent de différents usages, pouvant être industriels, agricoles ou domestiques.

Les PFAS, ou substances per- et polyfluoroalkylées, proviennent ainsi de composés chimiques utilisés pour leurs propriétés de résistance à la graisse, à l’eau et aux taches. Ils sont présents dans certains ustensiles antiadhésifs, emballages alimentaires, vêtements imperméables, mousses extinctrices, gaz réfrigérants, cosmétiques ou produits phytopharmaceutiques. Leur persistance tient à la solidité des liaisons carbone-fluor. Ils peuvent être libérés par des sites de fabrication, des décharges ou des stations d’épuration des eaux usées.

Les pesticides et leurs métabolites constituent une autre famille suivie de près. Une campagne de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), initiée en 2019 et dont les résultats ont été publiés en 2023, a porté sur 157 pesticides et métabolites, 54 résidus d’explosifs et un solvant (le 1,4-dioxane). Le métabolite du chlorothalonil R471811 ressort particulièrement de sept composés « émergents » fréquemment retrouvés dans les prélèvements et pouvant conduire à des dépassements de limite de qualité.

Des  traitements pour réduire les substances toxiques

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