La France veut se réindustrialiser et renforcer sa souveraineté technologique, mais ne parvient pas à former une nouvelle génération d’ingénieurs capable de réaliser cette ambition.
Les faits –
Un scénario de réindustrialisation de la France atteignant 12 % du PIB d’ici à 2035 impliquerait la formation de 28 000 ingénieurs et 29 000 techniciens supplémentaires par an. La tendance est pourtant inverse. Cette année encore, le nombre d’étudiants inscrits en école d’ingénieurs est en recul.
En cette rentrée scolaire et politique, un point commun se dégage chez les candidats à la présidentielle : tous appellent à renouer avec une France technologique et souveraine. Edouard Philippe souhaite « massifier la production d’ingénieurs », son rival centriste Gabriel Attal promet de faire de la formation à l’IA « une nouvelle forme d’alphabétisation » et Jean-Luc Mélenchon envisage de « reconstituer une filière textile, produire l’avion spatial, et bien d’autres choses ! ».
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Les déclarations d’intention pleuvent ; la réalité des écoles d’ingénieurs est tout autre. Pour l’année scolaire 2025-2026, l’effectif des inscrits en cycle ingénieur était de 157 600 étudiants, soit une légère baisse de 0,6 %. Cette inflexion peut paraître anodine, elle témoigne pourtant d’une France qui nage à contre-courant : le vivier de recrutement actuel ne permet déjà pas de répondre à la demande des entreprises et l’Institut Montaigne chiffre les besoins du pays à « 100 000 ingénieurs et techniciens nets par an d’ici 2035 ».



