Alsace Biovalley, au service de l’excellence alsacienne en santé

Marco Pintore

Marco Pintore, Directeur Général d’Alsace Biovalley ©Alsace Biovalley

Un nouveau directeur général

En mai dernier, un nouveau directeur général a été nommé chez Alsace Biovalley. Le parcours professionnel de Marco Pintore, 46 ans, allie expériences dans la recherche académique et dans la recherche privée avec une aventure entrepreneuriale, puisqu’il a créé sa propre société de conseil pour accompagner les dirigeants d’entreprise. Ce parcours diversifié sera sans conteste un atout pour son nouveau poste, lui permettant de bien comprendre les problématiques des membres d’Alsace Biovalley, qu’ils soient de petites structures naissantes ou de grands groupes.

Nous avons saisi cette occasion pour interviewer Séverine Sigrist, présidente d’Alsace Biovalley, afin de faire le point sur le rôle de ce pôle de compétitivité, ainsi que sur les futures missions du nouveau directeur.

Une présidente aux multiples talents

Commençons par un bref rappel historique. Madame Sigrist est responsable de laboratoire au Centre Européen d’Etude sur le Diabète depuis 2005. En 2011, elle a créé la startup Defymed qui est en charge de développer Mailpan, un pancréas bioartificiel. A ces missions s’ajoute en 2014 la présidence du pôle Alsace Biovalley.

Photo Severine Sigrist

Séverine Sigrist, Présidente d’Alsace Biovalley ©Bartosch Salmanski – Defymed

Une mission phare du pôle : Accompagner l’Innovation

La mission de ce pôle de compétitivité est d’« accompagner l’innovation, qu’elle soit issue des laboratoires publics, des grands groupes ou des petites entreprises, dans le domaine de la santé, aussi loin que possible, pour qu’à partir d’un projet on aboutisse à un produit ». Cette notion de produit est importante pour Séverine Sigrist, comme elle le mentionne à plusieurs reprises. L’expérience de la création de Defymed semble avoir transformé cette chercheuse, au discours très pragmatique :

« Quand il y a un projet, il faut qu’on ait une image du produit. Pour qui, pour quoi et comment ? », affirme avec conviction Madame Sigrist

Alsace Biovalley s’inscrit dans un environnement local qui favorise l’émergence et la concrétisation de projets fortement innovants. Le pôle de compétitivité travaille notamment avec SEMIA, l’incubateur d’Alsace et Conectus Alsace, la société d’accélération et de transfert de technologies (SATT) dédiée à la recherche collaborative & à l’accompagnement à l’innovation. Alsace Biovalley suit plus particulièrement les entreprises à l’étape appelée « la Dead Valley, la phase d’industrialisation qui suit l’étape du prototype. » Les entreprises sont très fragiles à ce stade et ont besoin d’être guidées.

Rencontrer chaque membre de l’association une fois par an

Avec un statut d’association, Alsace Biovalley fonctionne avec 12 salariés et un conseil d’administration de 10 membres, chargé d’impulser la stratégie. L’objectif est d’atteindre l’équilibre entre fonds publics et fonds privés, et non de gagner de l’argent.

« Alsace Biovalley est une association qui doit être à l’écoute de ses membres. Il faut qu’ils soient tous satisfaits, grands ou petits », assure Séverine Sigrist.

C’est pourquoi la première mission de M. Pintore est d’aller rendre visite à tous les membres du pôle, un par un. Une mission d’envergure, puisqu’ils sont une centaine. « Chaque membre doit être vu au moins une fois par an » nous explique Mme Sigrist.

photo stylisée usine ecole illkirch

L’usine école EASE à Illkirch (67)

Usine-école EASE, campus TechMed : des projets d’envergure

Cette notion de service aux membres est justement l’un des aspects que souhaite développer la direction d’Alsace Biovalley. L’offre de service sera étendue, par exemple à travers des postes mutualisés, embauchés par le pôle et mis au service des membres, ou des offres de location à bas coût.

C’est d’ailleurs pour répondre à un besoin formulé par certains de ses clients qu’Alsace Biovalley s’est lancé dans le projet d’usine-école EASE. La vocation de cette école, dont le premier cycle d’enseignement démarre en septembre 2017, est de former des personnes à travailler en salle blanche.

« Il ne s’agit pas uniquement des personnes qui préparent les produits, mais aussi de celles qui réparent les machines par exemple. Il y a un vrai besoin dans la région Grand Est, et jusqu’en Allemagne et en Suisse. Les diplômes seront reconnus nationalement et internationalement, car le projet est porté par la faculté de pharmacie », explique Madame Sigrist.

Un autre projet structurant sur lequel travaille Alsace Biovalley est le campus TechMed. Ce nouveau campus en phase d’élaboration nécessite une réflexion fondamentale sur les services qui seront proposés dans le centre d’affaires qui y sera inclus, ou encore le modèle économique qui lui permettra de fonctionner au mieux.route horizon

Renforcer la visibilité

Autre axe de travail pour le nouveau directeur, le renforcement de la visibilité du pôle. Le premier enjeu se situe au niveau de la nouvelle région Grand Est :

« Nous avons une marge de manœuvre de trois cents acteurs en Alsace et d’une centaine en Lorraine. Il n’existe pas de pôle santé en Lorraine, ces entreprises ont besoin d’être accompagnées. Notre problématique est de déterminer comment porter la santé hors de l’Alsace, dans toute la région Grand Est », précise Madame Sigrist.

Une stratégie entre pôles de compétitivité au sein de la région doit également être développée. Une charte de coopération a été signée entre les pôles alsaciens et ils ont participé à un événement commun, le salon des Industries du Futur.

Au niveau national, il s’agit de mettre l’accent sur l’excellence alsacienne en santé. Dans les congrès, les petites structures n’ont pas ou peu de visibilité. L’idée est de leur donner une place sur un grand stand Alsace Biovalley, financé par des grandes entreprises, afin de les mettre en avant au même titre que les groupes plus importants. Un premier essai sera effectué au congrès BioFIT en novembre.

A l’international, Alsace Biovalley noue des partenariats avec des instituts dans des pays comme le Canada. Ce fut le cas en 2010 avec le Consortium Québécois Du Médicament.

« Cela a permis de créer un lien fort avec le Québec et de financer des projets. Il s’agissait uniquement de projets de valorisation et non de recherche fondamentale ».

Un nouveau partenariat vient d’être conclu avec le cluster québécois MEDTEQ, Consortium industriel de recherche et d’innovation en technologies médicales, qui doit faciliter les projets d’échange et d’implantation d’entreprises sur les deux territoires respectifs. Alsace Biovalley est le seul pôle de compétitivité à avoir mis en place un tel partenariat dans le domaine des technologies médicales. Le pôle développe également de nombreuses coopérations avec l’Allemagne et la Suisse, et travaille sur un projet de partenariat avec la Chine.

L’appartenance à un pôle de compétitivité apporte une forte cohésion aux entreprises de la santé en Alsace, les autorisant à s’aider mutuellement sans crainte de la concurrence entre elles. C’est un élément de plus pour doper cette excellence alsacienne.

©Alsace Biovalley

Nous remercions chaleureusement Madame Sigrist pour cette rencontre, et souhaitons à Monsieur Pintore une bonne intégration au sein d’Alsace Biovalley, et à tout le pôle l’atteinte de leurs objectifs de développement et d’accroissement de leur visibilité nationale et internationale.

 

Marie-Laure Hisette-Jourdainne,

Docteur en Physique, Experte en Intelligence économique,

Rédactrice ARISAL