Le réemploi des matériaux s’impose peu à peu dans le bâtiment, mais sa progression reste moins spectaculaire en volume qu’en méthodes. Depuis l’entrée en vigueur de la Responsabilité élargie du producteur des produits et matériaux de construction du bâtiment (REP PMCB) en 2023, le secteur structure davantage la collecte, le tri et la préparation de la seconde vie que le réemploi de masse lui-même.
Dans le bâtiment, donner une seconde vie aux matériaux relève encore d’un parcours du combattant, malgré des bénéfices environnementaux reconnus, ce qui résume bien l’état du secteur au moment où la filière cherche à changer d’échelle. Le réemploi reste complexe à cause de contraintes techniques, logistiques, économiques et assurantielles. Cette difficulté tient aussi au poids du secteur dans la production de déchets. En France, le bâtiment génère environ 46 millions de tonnes de déchets par an, dont 49 % issus de la démolition, 38 % de la réhabilitation et 13 % de la construction neuve. Le ministère de la Transition écologique rappelle également que le taux global de valorisation varie encore fortement selon les sources et les matériaux.
La mise en place de la filière REP pour les produits et matériaux de construction du bâtiment, entrée en vigueur en janvier 2023, a surtout accéléré des pratiques d’organisation de chantier. Le premier mouvement visible est celui du diagnostic PEMD (produits – équipements – matériaux – déchets), qui doit être réalisé avant certaines opérations de démolition ou de rénovation significative et qui vise, en priorité, le réemploi puis, à défaut, la valorisation. Ce diagnostic identifie les produits, équipements, matériaux et déchets attendus, les filières de réemploi recommandées et les analyses utiles pour vérifier leur caractère réemployable. Il s’applique notamment aux opérations de plus de 1 000 m2.
La deuxième pratique qui se diffuse est la dépose sélective, c’est-à-dire un démontage pensé pour préserver les éléments au lieu de les dégrader. Cette logique va de pair avec le tri à la source, la séparation des flux et l’identification des gisements avant chantier, car un matériau mélangé, cassé ou souillé bascule vite du côté du déchet plutôt que de la ressource. Les fiches de centres de ressources spécialisés résument ce cheminement en sept étapes, depuis la prescription en amont jusqu’à la traçabilité, au stockage et à la revente ou repose. La REP a renforcé cette évolution en prévoyant des zones de réemploi dans les points de reprise, des plans d’action des éco-organismes et une modulation des écocontributions depuis 2024.
Le recyclage avance plus vite que le réemploi
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