Si les gouvernements adoptaient des mesures pour lutter contre la pauvreté et le changement climatique, auraient-ils le soutien de la population ? « Les désaccords internationaux sur le partage des charges étant généralement considérés comme des obstacles à une coopération mondiale sur ces objectifs, peu d’études en sciences sociales se sont intéressées à l’avis des citoyens sur ces sujets, explique Adrien Fabre, chercheur au Centre international de recherche sur l’environnement et le développement1. Pourtant, dans une première série d’enquêtes réalisées en 2021 auprès de plus de 40 000 personnes dans 20 pays, nous avons constaté un soutien massif (82 % dans les pays à hauts revenus) à une taxe mondiale sur les millionnaires qui financerait les pays à bas revenus. »
« Nous avons d’abord demandé aux membres de ce panel leur avis sur certaines actions politiques, décrites en détail afin qu’elles soient bien comprises », précise Adrien Fabre. Les personnes devaient se prononcer sur plusieurs mesures. Parmi celles-ci :
– « un système international d’échange de quotas d’émission , dans lequel les pays qui émettent plus que leur part nationale paieraient une contribution aux pays qui émettent moins que leur part » ;
– « une taxe sur tous les millionnaires à travers le monde pour financer les pays à faible revenu qui respectent les normes internationales en matière d’action climatique, cette taxe étant utilisée pour financer les infrastructures et les services publics tels que les accès à l’eau potable, aux soins de santé et à l’éducation » ;
– « une assemblée démocratique mondiale, dont le rôle serait de rédiger des traités internationaux contre le changement climatique, sachant que chaque adulte dans le monde disposerait d’une voix pour élire les membres de l’assemblée ».
Cet article Monde : des citoyens plus altruistes qu’on le croit est paru initialement sur CNRS News National.
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