Freinage : « Euro 7 nous a permis de transformer un défi en atout »

À chaque coup de frein, les plaquettes et disques s’usent par frottement et libèrent des particules fines dans l’air. Longtemps ignorée, cette pollution entre pour la première fois dans la réglementation.

n effet, à partir du 29 novembre 2026, la norme Euro 7 plafonnera les émissions des freins des voitures neuves à 7 mg/km, et à 3 mg/km pour les véhicules électriques.

Le projet de recherche D-BRAKE, soutenu par l’ADEME et achevé en août 2025, apporte des réponses concrètes. Coordonné par l’Université de technologie de Compiègne (UTC), avec l’INERIS, le CETIM, et des acteurs industriels comme le fabricant de filtres MANN+HUMMEL, MAT Friction ou la société ITT, il a testé trois pistes : de nouvelles formulations de plaquettes, de disques, et un filtre capturant les particules à la source.

Martin Morgeneyer, professeur en génie des procédés à l’UTC et coordinateur du projet, ainsi que le docteur Christophe Bressot, chercheur et expert à l’INERIS, reviennent pour Techniques de l’Ingénieur sur des résultats qu’ils jugent « très prometteurs », sur ce qu’ils changent pour les industriels en vue de l’entrée en vigueur de la norme Euro 7, et sur les questions qui restent ouvertes sur ces sujets liés aux émissions.

Techniques de l’Ingénieur : Comment est né le projet D-BRAKE ?

Martin Morgeneyer : Il s’appuie sur des travaux antérieurs. Nous avions déjà mené une coopération avec le groupe Stellantis, avec du développement expérimental et une thèse consacrée à la méthodologie de mesure. Le consortium réunit des compétences complémentaires : l’INERIS pour la caractérisation des aérosols, l’UTC pour la conception.

Forts de ces résultats, nous avons été contactés par des industriels : le fabricant de filtres MANN+HUMMEL, basé à Laval, qui envisageait de filtrer les émissions à la source, et un fabricant de plaquettes de frein Mat Friction. Nous avons alors monté ensemble le projet ADEME D-BRAKE, ainsi qu’une thèse CIFRE, cofinancée par l’industrie et l’ANRT.

Quels résultats avez-vous obtenus ?

Martin Morgeneyer : Les trois approches ont convergé vers une réduction des émissions de freinage : la modification des plaquettes, celle des disques, et la mise en place d’un système de captation. Les résultats sont très prometteurs, avec des réductions d’émissions de l’ordre de 95 %.

Concrètement, comment avez-vous modifié les plaquettes ?

Christophe Bressot : Nous n’avons pas touché au procédé de fabrication

L'article Freinage : « Euro 7 nous a permis de transformer un défi en atout » été publié la première fois sur le site : Techniques de l'ingenieur - Actualités

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