Pour exister sur le marché mondial de l’hydrogène, la France et l’Europe avec elle vont devoir gagner la bataille de la compétitivité. Ce qui ne sera pas une mince affaire.
Le vieux continent affiche des ambitions considérables : 40 GW de capacités d’électrolyse d’ici 2030 pour une production envisagée de 10 millions de tonnes d’hydrogène renouvelable. Telles sont les – grandes – ambitions européennes. Cette volonté s’accompagne bien évidemment de subventions pour le développement et la recherche, et d’appels d’offres, d’ores-et-déjà mis en place.
Cela dit, cette façade d’unité masque des divergences stratégiques profondes entre les États membres. L’Allemagne privilégie une stratégie d’importation massive à bas coûts, nécessaire pour préserver sa compétitivité industrielle, ce qui explique la signature de partenariats avec l’Australie, les Émirats arabes unis et le Chili pour sécuriser ses approvisionnements. La France, au contraire, mise sur une production domestique en s’appuyant sur son parc nucléaire décarboné. Cette divergence reflète des modèles énergétiques fondamentalement différents et pose forcément la question de la cohérence de la stratégie européenne.
Au-delà des cas allemands et français, la péninsule ibérique dispose d’atouts considérables grâce à ses ressources solaires exceptionnelles. En avril dernier, la Commission européenne a approuvé une aide d’État de 400 millions d’euros pour l’Espagne afin de financer jusqu’à 345 MW de capacité d’électrolyse et la production de 221 000 tonnes supplémentaires d’hydrogène renouvelable par an.
Le cas français au prisme de la révision stratégique
La France a initialement affiché de fortes ambitions. L’État s’est engagé sur 9 milliards d’euros de soutien public d’ici 2030, avec un objectif de 6,5 GW de capacités d’électrolyse. La stratégie nationale, présentée en septembre 2020, visait trois objectifs principaux : installer suffisamment d’électrolyseurs pour contribuer significativement à la décarbonation, développer les mobilités propres pour les véhicules lourds, et construire une filière industrielle créatrice d’emplois.
Cependant, la confrontation avec la réalité industrielle a conduit à une révision significative de ces objectifs. L’ambition de 6,5 GW a été ramenée à 4,5 GW en 2030, puis étendue à 8 GW en 2035. Cette révision traduit la prise en compte des contraintes technico-pratiques et économiques.
Cet article L’Europe et la France face au défi de la production compétitive d’hydrogène décarboné est apparu en premier sur Techniques de l’Ingénieur.
Cet article <a href="https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/leurope-et-la-france-face-au-defi-de-la-production-competitive-dhydrogene-decarbone-154632/">L’Europe et la France face au défi de la production compétitive d’hydrogène décarboné</a> est paru initialement sur <a href="https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite">Techniques de l'ingenieur - Actualités</a>.
<a class="button secondary arrow" href="https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/leurope-et-la-france-face-au-defi-de-la-production-competitive-dhydrogene-decarbone-154632/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Lire en entier</a>


