La hausse temporaire du méthane dans l’atmosphère enfin élucidée

Des chercheurs sont parvenus à identifier les raisons pour lesquelles la concentration en méthane dans l’atmosphère a fortement augmenté au début des années 2020. L’affaiblissement temporaire d’un mécanisme naturel de destruction de ce gaz pendant la pandémie de Covid-19 constitue le principal facteur explicatif, suivi par une augmentation des émissions issues des zones humides.

Le méthane est un puissant gaz à effet de serre d’origine humaine, le plus important après le CO2. Bien que sa durée de vie soit beaucoup plus courte, son effet sur le réchauffement climatique est 86 fois plus élevé que le CO2 sur une période de 20 ans. Après une progression régulière depuis 2007, sa concentration dans l’atmosphère s’est fortement accélérée à partir de 2020, culminant à 16,2 parties par milliard (ppb : part per billion), avant de redescendre à 8,6 ppb en 2023. Alors que jusqu’ici, cette évolution rapide a longtemps échappé à une explication claire, une étude internationale publiée dans la revue Science vient d’en révéler les deux causes principales.

Le premier facteur identifié concerne la chimie atmosphérique. Le méthane est principalement éliminé grâce aux radicaux hydroxyles (OH), qui sont souvent décrits comme jouant un rôle clé dans le « nettoyage » de l’atmosphère. Or, des analyses montrent que ces espèces chimiques ont connu une baisse entre 2020 et 2021, provoquant un affaiblissement du pouvoir oxydant de l’atmosphère.

Cette diminution serait en grande partie liée aux confinements instaurés pendant la pandémie de Covid-19. Durant cette période, certaines activités humaines, notamment le trafic routier et aérien, se sont en effet fortement réduites et ont entraîné une chute des émissions d’oxydes d’azote (NOx) et de monoxyde de carbone (CO). Ces deux composés ont la particularité d’être directement impliqués dans les réactions chimiques qui régulent la concentration de radicaux OH. Résultat : l’atmosphère a temporairement perdu une partie de sa capacité à dégrader le méthane.

Les chercheurs estiment que cette baisse des radicaux OH explique à elle seule entre 74 % et 80 % des variations annuelles du taux de croissance du méthane entre 2019 et 2023. Ce n’est que lorsque les niveaux de radicaux OH ont commencé à remonter en 2022 et 2023 que la capacité de destruction du méthane s’est à nouveau renforcée, contribuant à ralentir l’augmentation de sa concentration atmosphérique.

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